• Mon journal - 9ème partie

    Elle a un piercing à l'endroit que je préfère, sa voix me fait trembler, ses manières, je les aime tout comme je peux l'aimer ; d'un amour passionnel. J'aimerais tellement lui prendre la main, toucher ses lèvres, la regarder dans les yeux, ses yeux bleus d'une beauté remarquable...Je voudrais être un homme et lui dire que je l'aime. Je lui dirais plus facilement qu'en étant femme car j'aurais plus de chances de la séduire. Mais la vie est ainsi faite, jamais je ne l'aurais dans mes bras et le fait de le savoir, je souffre beaucoup. Dans vingt jours ou un mois, je ne la reverrais plus. Mon cœur est malade, il va s'arrêter de vivre pour l'être aimé, j'en suis certaine : SI JE NE VAIS PAS LUI PARLER, JE VAIS METTRE FIN A MES JOURS ! Je l'aime, je l'aime, je l'aime, je l'aime, j'ai besoin de l'avoir à mes côtés, besoin de la regarder et même de la toucher. Je suis lesbienne oui, et ma douceur le prouve, car je ne veux pas de brutalités dans mes relations [...]

     

    Le 25 avril 2003 :

    Orlane lui a fait la bise aujourd'hui. Je suis très jalouse. Le pire, c'est que j'aurais pu aller lui parler, toucher au moins ses joues. Mais non, stupide, je suis restée derrière Orlane en n'ayant pas le courage de l'approcher. A quoi sert la vie si je ne vais pas la voir ? A rien ! Tout ce que je veux, c'est l'avoir à mes côtés. Juste pour la regarder passionnément comme je la regarde toujours. Jamais je ne pourrais aimer quelqu'un d'autre. Valérie est une fille exceptionnelle, je l'aime. Je le dis et le répète tel un vieillard qui ne sait plus ce qu'il dit. Sauf que mi, ce que je dis, j'en suis consciente. Les sentiments que j'éprouve pour elle sont si forts qu'il n'y a pas de mots pour le prouver. Alors j'écris mille fois « je t'aime » mais ça ne change rien. Je la vois, la regarde mais jamais rien ne se passe. Pourtant, il va falloir que je me décide car un jour, je vais souffrir et regretter de ne pas être aller la voir. C'est dans ces moments-là que j'aurais envie de mourir, de me faire mal et de faire des « bêtises » Fuguer fait partie de mes projets. J'ignore pour quelle(s) raison(s) j'ai envie de partir, mais ce que je sais c'est que j'irais vivre dans le village de Valérie. Qu'est-ce que j'aimerais la prendre dans mes bras, juste un bisou, une caresse qui d'elle, me prouvera l'amitié qu'elle souhaite voir naître. Bien sûr, je rêve ! C'est le genre de choses qui n'arrivera jamais. Faut-il garder espoir ? Pour vivre, il faut bien. J'ai envie de mourir ; je ne prends pas mes leçons d'anglais parce que je sais que je serais déjà morte avant de vivre activement. Peut-être que je ne finirais pas la fin de ce manuscrit ? Dieu seul le sait. Mais existe-t-il ? Lui seul le sait aussi. Je voudrais qu'il existe et qu'il me donne la force de parler à celle qui me fait sourire et pleurer en même temps. Elle est mon rayon de soleil, je l'aime trop !

    Vais-je mourir pour elle ? Il n'y a qu'ainsi que l'on peut prouver l'amour ; mais ce n'est pas une bonne solution. On meurt puis plus rien ne se passe. C'est le trou noir. Je ne connaîtrais même pas sa réaction, en apprenant mon décès. C'est horrible parfois de penser à une chose pareille mais quand on vit, on doit mourir un jour et ce jour, c'est demain. J'ai l'impression d'être toujours triste, toujours...

    La même journée, j'ai raté une seconde occasion d'aller la voir. Elle était seule. Je l'ai regardé puis elle est partie. Je tremblais comme une feuille, mon cœur battait à tous rompre. Je n'y arriverai décidément jamais.

                Le soir, quand je suis sous la douche, je me mets nue devant le miroir et je me regarde. Il m'arrive fréquemment de prendre un ciseau et de graver sur la peau « VAL » Je me déteste, je hais ce corps de fille que je possède, mes seins, mes formes rondes féminines...LAID ! J'ai l'impression que mon corps se vide, qu'il est blanc comme un cadavre. Sur des parties de mon corps, je dessine des croix car la mort m'obsède. Je veux mourir.

    Je n'ai pas peur du décès, ce que j'ai peur, c'est de ne plus être auprès de Valérie. Elle est ma raison de vivre ; alors si elle n'est plus là ? je me tuerais. Je sais que c'est un acte égoïste, je m'en fous. Mon grand-père l'a fait, j'ignore ses raisons mais il s'est tué et je le respecte. Personnellement, je trouve que ces gens là sont des héros alors qu'au fond, ils ne le sont pas du tout. Ce sont des personnes sensibles qui au lieu de vaincre, préfèrent se tuer pour oublier facilement leurs soucis. Moi, j'ai envie de me tuer pour prouver mon amour et ma haine de la vie. Même lorsque je souris, que j'ai l'air heureuse, j'ai des idées suicidaires. Des centres accueillent des ados qui ont tenté de se suicider. Si plus tard, je suis en vie, j'essaierai de travailler dans ce genre d'établissement. Mais je serais morte.

     

    Putain, je craignais trop à cette époque.

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