• Mon journal - 3ème partie

    Je ne dis pas ça pour être méchante, c'est pour vous prouver à quel point j'aime utiliser mon imagination. Quand j'étais enfant, les stylos, les feutres, les céréales avaient une âme. J'ai même baptisé mes pieds dans de l'eau ! Je jouais avec mes mains, je faisais le tour de mon habitation plusieurs fois et je donnais des prénoms à mes feutres et bien sûr, comme toutes les fillettes, j'adorais jouer à la poupée. J'étais imaginative, parfois insolente en cours et mon plus gros défaut était le sadisme. Je tirais les cheveux à qui j'avais envie sans me rendre compte à quel point des enfants pouvaient souffrir. Ce n'était pas bien grave...Avec l'âge, je suis devenue timide et je ne me battrais que pour une bonne cause. En arrivant au primaire, mon professeur m'a tant grondé que j'en ai aussitôt perdu confiance en moi. Mais il vaut mieux ne rien dire que parler pour rien. Quoique, lorsqu'il y a un long silence, c'est bien de parler, même si vous avez l'air ridicule. Un bon nombre de gens ont d'ailleurs peur du ridicule. Moi-même, je fais en sorte de ne pas l'être. Les autres nous regardent de travers et c'est ce regard qui fait peur. On peut parfois se faire des idées ; sans pour autant devenir paranoïaque, quoique...

    Tout le monde ou presque préfère mettre un pantalon ou une jupe, avec une tee-shirt ou un pull. Normal ?! Ensuite, c'est suivent la mode : pantalon ample, pull over, talons hauts, tennis...C'est toujours la même chose. Rares sont les gens qui vont se vêtir de façon très excentrique.

    On va juste le faire une fois avec des amies, pour délirer, mais cela ne deviendra pas ainsi, au quotidien. Je trouve ça logique car dans le monde du travail, on ne peut se le permettre.

    Quand je vois que des personnes paniquent parce qu'ils ont renversé un peu de café sur leurs pantalons, je trouve ce comportement exagéré. Bien sûr, si c'est pour aller dans une fête, passer un concours ou quelque chose de ce genre, c'est un peu normal. Les gens nous jugent trop en regardant l'extérieur, alors si on est sale, remplie de pailles et les cheveux ébouriffés, on est vu comme le simplet du village. Celui qui en a le culot raconte sa mésaventure en plaisantant mais je ne fais pas partie de ces gens qui sont à l'aise dans tous les domaines. Eux, ils font un sourire et le monde est à leur pied, ils savent remonter le moral en sortant une bonne blague ou « casser » leurs ennemis en lançant une bonne vanne. Ils ont un don.

                Personnellement, je ne crois pas en avoir. Si, peut-être celui d'énerver les gens. Quelques amies me disent que j'ai un don pour dessiner les portraits. C'est vrai que j'arrive à en faire facilement. C'est ainsi que les filles de ma classe me remarquent sinon je ne parle pas, elles ne voient pas que j'existe. C'est un gros défaut, on me le répète souvent mais je suis trop discrète. Ce n'est pas ma faute. J'arrive à m'exprimer seulement en écrivant. Dans ma vie de tous les jours, j'écoute. Oui, les gens parlent, racontent leur vie, leurs rêves, leurs fantasmes, et moi, je réfléchie. Je me dis que l'un ou l'autre est malheureuse, qu'une autre croit aimer mais que c'est faux...Bien sûr, je parle quand même avec mes amies, surtout avec Anne-Sophie qui est interne comme moi. On parle beaucoup toutes les deux. Dès le premier jour de classe, elle s'est assise à côté de moi et grâce à quelques paroles échangées, une amitié est née. C'est une fille ouverte, passionnée par le cinéma et elle ose dire si une chose lui plait ou pas. J'ai beaucoup d'admiration pour elle malgré ses petits défauts. Le matin, par exemple, elle est énervée et si je lui parle, c'est que j'ai quelque chose de très important à lui dire, sinon, c'est un blanc qu'elle me renvoie. Normalement, lorsqu'on aime vraiment une personne, on ne lui voit que ses qualités. A la longue, on se rend compte qu'elle a des défauts mais pas de là à conclure une rupture. Il faut s'y faire, personne n'est parfait, moi encore moins. C'est dommage de parler de moi comme ça, mais je n'y peux rien. Je ne peux même pas me regarder dans un miroir sans me faire une seule réflexion. Beaucoup de filles sont dans mon cas, quelques garçons aussi. Mais grâce à l'écriture de ceci, je me sens de mieux en mieux. Je fais des efforts pour m'accepter telle que je suis. Mais ce n'est pas un travail facile, il demande de la patience. J'espère qu'un jour, je pourrais me regardait en me disant que je peux éventuellement plaire. Parfois, j'y arrive, malheureusement un échec me faisait reperdre toute confiance en moi. Vous, lecteurs, sachez que c'est une chose très importante. Dès l'enfance, il faut apprendre à s'exprimer quelle que soit notre opinion. Je sais que c'est dur, mais il faut prendre votre courage à deux mains et foncer. Moi, il m'est arrivé d'aller voir une personne en face pour lui parler un peu, alors qu'on ne se connaissait pas. Souvent, je mets les mains dans les poches et je me pince. Je ne suis pas sadique mais juste une poule mouillée qui préfère se concentrer sur sa douleur que sur ce que je suis en train de faire. Je me souviens qu'à l'école primaire et au collège, quand il fallait que je passe au tableau, je me faisais très mal, surtout lorsque mes professeurs me grondaient.

    A l'adolescence, mon état psychologique s'est aggravé. Pour être franche, dès que quelques chose me rendait furieuse, je me faisais ma. C'est-à-dire que je me griffais ou bien me coupais, souvent jusqu'au sang. J'avais la peau coincée dans les ongles que j'avais longs à l'époque. La blessure enflait rapidement. J'ai toujours des cicatrices ; ce n'est pas beau mais elle permettent de prouver à quel point ma vie était mélancolique. Les insultes incessantes des camarades, des professeurs ou de mes proches, en plus d'un problème qui était la cause d'une certaine agressivité.


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :