• Pourquoi la vie est si cruelle ? Pourquoi vise-t-elle des gens aussi gentils que Stéphanie ? Elle ne mérite pas d'être si triste. Sa gentillesse fait d'elle une fille charmante qu'on a envie d'admirer pour sa force. Sa famille lui reproche de ne pas avoir pleurer le jour de la mort de son père. Mais chacun est triste a sa façon. Les uns pleurent, les autres pleureront plus tard d'autres encore feront des bêtises mais chacun montrera sa souffrance d'une manière ou d'une autre. Les larmes ne veulent pas forcément dire qu'on est malheureux. Et quelqu'un qui pleure sans arrêt ne signifie pas qu'il est vraiment accablé ; il est juste sensible.

                J'ai envie de pleurer, oui, car je viens d'apprendre que mon père a lu une lettre destinée à Orlane. Il y a marqué ce que j'éprouve pour Valérie, je les traite, lui et ma mère de « cons », je lui explique qu'ils ne comprennent rien et que de plus, je fume. Mon père a pleuré dans la voiture, moi aussi. Il était choqué. J'espère que tout va s'arranger le plus vite possible. Je ne fumerais plus ou très peu et je vais faire de mon mieux pour m'arranger avec mes parents. Ce n'est pas eux qui m'ont rendu lesbienne ; la psy m'a dit de n'accuser personne. Mais j'étais si énervée que je voulais trouver un coupable.

                A présent, ce sont les vacances de Pâques. C'est-à-dire que je ne vais pas voir Valérie pendant plus de 15 jours. Pour dire la vérité, je m'en moque un peu. Peut-être que je ne l'aime plus ? Oui, je pense tellement à Orlane en ce moment. Elle est si exceptionnelle. Avec elle, on peut parler de tout et de rien. Elle se pose beaucoup de questions à propos d'elle. C'est une fille qui réfléchit trop. Depuis quelques temps, je me sens très proche d'elle. Je me suis même surprise à vouloir lui faire un bisou. C'est ainsi qu'à la sortie, le vendredi soir, j'ai souffert de savoir que je n'allais pas la voir de plusieurs jours. En Français, on n'a pas arrêté de rire et élaborer des projets de fugue. On voulait partir à Paris ou Bordeaux pour faire je-ne-sais-quoi. On n'écoutait pas la leçon malgré la prof qui énervée, nous a traité de gamines. Quand je l'ai vu partir, j'étais mal.

    Alors maintenant, je me pose des questions. Elle me manque beaucoup. Suis-je en train de tomber amoureuse d'elle ? Oui.

    En fait, je ne sais pas, j'hésite. Quand je la vois, je me demande si je pourrais l'embrasser. Et je me rends compte qu'elle n'est qu'une amie, qu'une très grande amie. J'aime beaucoup trop Valérie, jamais je ne pourrais me passer d'elle. Elle est si belle dans ses beaux pantalons. Sa peau, son corps, ses lèvres ne peuvent laisser personne indifférent.


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  • J'en ai marre ! J'ai envie de le crier au monde entier ! Il y a peu de temps, je me suis mise à fumer. Je sais que cela ne sert absolument à rien. Avant, je promettais que jamais je ne toucherais une cigarette, mais là, je l'ai fait. Je me trouve « nulle » voire « con » mais la jeunesse pardonne. Je veux mourir, je me fais du mal car je n'en peux plus de cette vie cruelle. Peut-être qu'un jour je serais plus heureuse avec une femme, ou peut-être un homme ? Je l'espère bien car je ne pourrais pas vivre longtemps avec cette souffrance. Je ne peux pas me plaindre car il y a pire que moi, mais pourtant, je me sens seule dans mon monde. Je ne connais personne comme moi à part quelques professeurs et des personnes connues. Je suis persuadée qu'il y a d'autres filles dans le lycée qui sont comme moi, mais on est jeune et on se cache. Du coup, je reste à regarder Valérie, la beauté de l'univers...et moi monde à moi reste le même. Je fais toujours la même chose, il n'y a pas de péripéties. A mon âge, on aime les romans d'actions, dans la vie, c'est la même chose. Une copine à moi, Orlane, me dit qu'en me considérant comme une « Chose » je donne raison aux homophobes. C'est vrai mais pour l'instant, je ne veux pas m'accepter telle que je suis. Mais un jour, j'y arriverais.

    C'est par curiosité que je vis encore. Je me demande ce qui va se passer demain donc je n'ai pas envie de me tuer. J'espère toujours une vie meilleure. Je veux qu'un miracle vienne illuminé ma vie ; mais il n'est pas là, enfin pas encore. D'après Orlane, si je vais voir Valérie, ça changera beaucoup de choses dans ma vie. Mais...pour mon plus grand désespoir, je n'y arriverai pas. On me demanderait de me jeter dans un ravin, je ressentirais la même peur, peur de me faire mal. Elle me considère comme une petite fille coincée donc je ne peux pas l'intéresser. Je vais l'étonner si je viens la voir. Et voilà, je recommence ! Je n'ai qu'elle dans la tête ! ce n'était pas prévu que je parle autant d'elle ; mais c'est plus fort que moi. Valérie est devenue pour moi, une véritable passion. Au lieu de me rendre heureuse, cet amour me gène et me rend triste étant donné les circonstances.

                De plus avec mes parents, cela ne va pas bien. Ma mère croit que je ne l'aime pas car je refuse ses bises et ses caresses. Je n'aime pas cela venant de ma famille. Mais eux ne comprennent rien, personne ne se demande pourquoi j'ai ce comportement envers eux. J'ai une raison, c'est sûr. Malheureusement, mes parents ne réfléchissent pas assez et ne lisent aucun livre pour se renseigner. Moi, je sais très bien pourquoi je refuse d'être câlinée par mes parents. [...] Il me dégoûtent ! Je n'aime pas leurs odeurs, les habits de ma mère, ni ses caresses et ses mots doux. Ils parlent parfois de leur nuit d'amour devant moi. Ce n'est pas me respecter ! Ils discutent de choses qui ne sont pas forcément catholiques. Et après ma mère se demande pourquoi je la fais autant souffrir. Elle dit que je ne l'aime pas car je ne veux pas de ses mots d'amour. Il ne faut pas qu'elle s'étonne. C'est elle qui m'a peut-être rendu lesbienne ?! ça ne serait pas impossible m'a dit la psy.

    Dès le début, je l'accusais sans le savoir. En plus, à mon âge, on se dit avoir tant de problèmes qu'on se moque des parents et de leur vie. Les amis sont notre famille. On les aime, on se dispute mais l'amitié est une chose très importante. L'amour, c'est déjà différent, on le découvre peu à peu ; on se rend compte que ce n'est pas si facile que ça. Mais j'aime une personne qui ne pourra jamais rendre cette amour, Anne-Sophie est amoureuse d'un garçon qui a une copine, Orlane n'arrive pas à faire le premier pas avec Gaël, un lycéen timide et de plus, elle a encore de forts sentiments pour son ex. Pour vous dire à quel point on s'invente nos problèmes ! Je n'ai pas parlé de Stéphanie. Elle fait partie de notre petit groupe d'amie. Elles sont au courant à propos de ma préférence pour les filles. J'adore en parler avec elles car elles m'aident à me sentir mieux dans mon corps ; ce corps de fille que je déteste...

                Stéphanie est timide et très gentille. Dans son collège, elle ne connaissait pas l'amitié mais cette année enfin, elle a trouvé des filles, nous, et elle peut en être heureuse. La pauvre a perdu son père, le trois décembre dernier, cette période a durci son caractère. Parfois, elle est triste, sa belle-mère l'énerve, son père lui manque, son frère est handicapé et une fois de plus, elle est très amoureuse d'un jeune homme pris. Comment peut-on sourire lorsqu'on porte les problèmes d'une seule main ? C'est trop lourd, on perd l'équilibre et on craque un soir...

     

    Depuis, Stéphanie a mal tourné...


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  • Aujourd'hui, 20 mars 2003, la guerre vient de commencer. Je tiens à l'écrire. Des morts déjà, oui, beaucoup de morts ; des soldats et des civils, parmi eux des enfants. A la télévision, on voit des jeunes n'ayant plus de jambes, brûlés ou tétanisés. Moi je préférerais mourir plutôt que de souffrir autant qu'eux. Ils sont courageux, on leur apprend à se battre sans arme, mais seulement avec de l'espoir. J'ai l'impression d'être une « merde » à côté de ses enfants, qui, chaque jour de terreur passée, les rend encore plus forts, plus invincibles. Et nous, pendant ce temps, on travaille comme d'habitude. On va au lycée, on part faire quelques courses. Notre petite vie tranquille continue. On a manifesté contre la guerre en Irak, avec le lycée. Mais ce n'est pas cela qui changera les idées à Bush. On manifeste pour prouver notre désaccords, car on veut se prouver à nous-mêmes et aux autres que cette guerre ne nous laisse pas indifférents.

                Je pense encore beaucoup à la fille que j'aime. Les sentiments sont encore plus forts qu'avant. Ce qui n'est pas une bonne chose car dans deux mois : c'est la fin de l'année, et l'internat est toujours fermé. Avant cette grève des surveillants, je pouvais la voir du matin jusqu'au soir. C'était génial ! Actuellement, je ne la vois pas souvent. Mais je veux aller lui parler. C'est mon cœur qui me guide et qui va m'amener vers elle. Mes sentiments sont si forts qu'il n'y a pas de mots sur cette Terre pour les exprimer. C'est de l'amour, je le sais depuis des mois étant donné que je souhaite son bonheur. C'est en la voyant sourire que je sourirais, c'est en la sachant heureuse que ma mélancolie s'évaporera dans le ciel laissant place à un sourire. Ce sourire voudra tout dire, il exprimera le peu de bonheur que j'ai dans mon cœur. Je ferais tout pour la voir heureuse car elle le mérite véritablement. Elle est tendre avec ses amies, elle aime les câlins. J'aimerais faire partie de sa vie, mais jamais elle ne me regarde ou presque jamais. J'ai envie d'aller la voir, je l'ai déjà dit mais je le répète encore. Mes amies affirment qu'elle aime les boites mais ce n'est pas vrai. Elle n'aime pas la techno, ce qu'elle aime, ce sont les concerts. Si je vais lui parler, je lui demanderai même si je suis sûre de la réponse. Je peux me tromper aussi étant donné que je me suis fait une image d'elle. Je voudrais toujours parler de ses habites, ses façons d'être, sa voix...elle est géniale. Je peux vous le dire maintenant, elle se prénomme Valérie, comme ma mère. Elle le porte bien. Je ne sais si je vous l'ai déjà dit mais j'adore comment elle s'habille, comment elle parle, comment elle est avec les gens...C'est dur d'aimer une personne qui ne peut vous aimer. Je suis triste encore. Je pense toujours à elle et pourtant depuis un certain temps, ce n'est pas d'elle que je rêve mais d'une fille qui est toujours avec elle. Elle me hante dans mes nuits. Je la vois sans partout, dès que je tourne la tête, elle est là. Parfois, elle me regarde alors moi, je fais pareil. Pour dire vrai, c'est moi qui ai commencé à la regarder. Au début de l'année, elle était toute seule avec un baladeur. Puis, je l'ai vu avec Valérie et c'est elle qui m'a plu. Je l'aime vraiment beaucoup. Quand on aime, on a l'impression qu'on aimera toujours, et que plus personne ne pourra être susceptible de vous plaire. Pourtant, j'ai déjà ressenti cela et je suis tombée amoureuse d'autres filles. Mais Valérie, c'est plus fort que tout. Jamais je n'avais ressenti telles émotions lorsque je voyais une personne que j'aimais. Incroyable !

                J'ai encore et toujours besoin de parler d'elle car il le faut. C'est indispensable car je me sens mieux après. Je l'aime, je l'aime et je l'aime !! Je me suis promis d'aller lui avouer mes sentiments avant la fin de l'année sinon je lui téléphonerai. Il faut qu'elle le sache car elle me fait souffrir. Mon amour est fort, il ne mérite pas d'être secret. Valérie doit savoir ce qu'elle m'a fait endurer et ce qu'elle me fera souffrir prochainement.

     

    Je commençais à craquer à cette période...


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  • Pourquoi il a fallu ce regard ? je ne voulais pas la voir, ça m'a énervé tout l'après midi ! je l'ai aimé mais c'est du passé, faut que j'arrête maintenant franchement !! Ce n'est qu'une salope cette fille, une blondasse de première classe !

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  • La vie n'est pas ce que je croyais qu'elle serait. C'est certainement ça qui me fait souffrir. On croit devenir riche, femme, belle et heureuse mais jamais il ne se passera ça.

    Actuellement, ce que j'aime dans ma petite vie, c'est quand je suis avec mes amies, qu'il fait beau, et que je peux regarder la personne que j'aime en écoutant de la musique. Bientôt, je vais faire de la batterie avec un garçon de mon âge. Il me tarde trop, cet instrument m'attire depuis des années. A 6 ans, j'ai commencé une guitare pour Noël, ce qui prouve que j'aimais déjà la musique.

    Je suis indignée et j'ai peur, oui j'ai peur de la guerre qui se prépare en Amérique et en Irak. Des gens vont mourir pour rien. Des enfants vont devenir orphelins et ils vont souffrir pendant des mois, voire des années. Ils n'auront aucune enfance, d'autres ne connaîtront pas l'amour, ils s'éteindront bien avant. Chaque jour des milliers de corps seront allongés sur le sol, en sang. Ils se seront battus pour leur pays, ils auront laissé leurs épouses en pleurs, des ados, des enfants qui souffriront d'avoir vu autant de morts, de sang, de gens blessés...Les pères partent se battre sans savoir s'ils reviendront un jour. Mais ils ont de l'espoir, et on sait que l'espoir fait vivre ; même si on est conscient qu'ils ne reviendront pas tous. S'ils sont prêts à se battre, alors ils sont prêts à mourir. Il faut des mois pour se préparer à la mort. A ce jour, je ne me sens pas capable mais je suis jeune. Il faut être un héros, un point c'est tout.

                Bref, partout dans le monde, les gens ont des problèmes. Beaucoup préfèrent se tuer avant de vivre. Je voulais le faire moi aussi, quand j'ai réalisé que je n'aurais jamais la personne que j'aime plus que tout au monde... A 12 ans, j'ai commencé à avoir des idées suicidaires alors maintenant, je veux aider les jeunes.


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